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Le canton de Nieul

  1. Aspect général
  2. Rivières
  3. Nature du sol
  4. Produits naturels du sol
  5. Langage
  6. Mœurs et usages particuliers
  7. Commerce
  8. Industrie
  9. Institutions
  10. Voies de communications
  11. Souvenirs et monuments historiques

Monographie datant de la fin du XIXème siècle et pouvant contenir quelques inexactitudes.

Aspect général

Au nord-est ce canton touche à la région montagneuse de Compreignac et les sommets près des sources de la Glane s’élèvent jusqu’à 427 mètres au-dessus du niveau de la mer. En plusieurs endroits on jouit d’une vue fort étendue. Au sud et à l’est, c’est presque le pays de plaine, et à l’extrémité du canton, près de la Grange-de-Beuil, il n’y a plus que 264 mètres d’altitude. La campagne est assez bien boisée et les rives de la Glane offrent plusieurs sites très pittoresques.

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Rivières

La Glane est un affluent de droite de la Vienne, ayant un parcours de 40 kilomètres et son embouchure dans la banlieue de Saint-Junien. Elle prend sa source à la jonction des communes de Saint-Jouvent, Bonnac et Compreignac, à une altitude de 400 mètres. Elle traverse tout le canton de l’est à l’ouest en passant par Nieul et Saint-Gence ; et en sort entre les villages de Glane et du Mas-de-Glane, n’étant plus qu’à une altitude de 270 mètres. 

L’Aurence, autre affluent de la Vienne, qui a un cours d’environ 30 kilomètres, prend naissance au pied des montagnes de Compreignac, entre Bonnac et Chaptelat, à une altitude de 440 mètres. Dans cette dernière commune une de ses branches porte le nom de Ruisseau doré. Quant à son nom d’Aurence, elle le doit aux paillettes d’or qu’elle roule avec ses sables. Au XIIIème siècle, la Vienne et ses affluents fournissaient les orfèvres de la capitale. On lit en effet dans le Livre de la taille de Paris de 1292, qu’il yavait dans cette ville seize orfèvres ou bijoutiers qui travaillaient l’or fourni en partie par la France et recueilli dans le sable du Rhin, du Rhône et de la Vienne. M.Mallard, directeur de l’école nationale des mines, a constaté, en 1867, l’existence d’amas de sable sur les bords de l’Aurence, qui, semblent provenir de très anciens lavages effectués en vue de la recherche de l’or. Enfin, M. Alluaud affirme qu’au siècle dernier "les sables de l’Aurence étaient encore assez riches pour couvrir la dépense des orpailleurs occupés à les laver". 

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Nature du sol

Éléments qu’il fournit à l’industrie. 
Presque tout le canton de Nieul se trouve sur le granit gneissique. Le bourg de Saint-Gence fait exception avec une partie de la commune de Chaptelat où l’on trouve des micaschistes. Dans la commune de Veyrac, à Saint-Quentin, existe un filon quartzeux, qui donne un excellent empierrement pour les routes. On y prend aussi une partie des matériaux qui entrent dans la composition de la pâte d’émail de la porcelaine, mais on l’exploite surtout pour en former les meules à broyer le kaolin. Il est accompagné d’un terrain tertiaire, dont le dépôt s’étend jusqu’à Pagnac dans la commune de Verneuil, et qui est employé pour fabriquer les cazettes

C’est dans la commune de Saint-Jouvent qu’on a pris aux XIIIème et XIVème siècles les pierres de granit qui ont servi à la construction de la cathédrale de Limoges. Aujourd’hui, ces carrières sont peu exploitées, et presque uniquement pour les besoins du voisinage. 

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Produits naturels du sol

Le chêne et le châtaignier sont fort abondants dans ce canton. Le hêtre, les peupliers le bouleau et les arbres verts viennent ensuite. Les environs de Saint-Martin et de Boubeau, dans la commune de Nieul, sont admirablement boisés grâce à l’initiative de M. Juge de Saint Martin. La forêt de Veyrac fournit aussi beaucoup de bois de chauffage.

On cultive le froment, le seigle, le maïs, le blé noir, etc. Outre les prairies naturelles assez nombreuses le long des ruisseaux, les fourrages artificielles sont l’objet de beaucoup de soins. D’ailleurs la ferme école de Chavagnac donne à tous l’exemple de belles cultures.

Le botaniste pourra recueillir dans ce canton Epilobium palustré L. à la queue de l’étang de la Roche, près de Nieul, et dans les prairies humides de Frégefond. Chrysanthemum segetum L. à Conore, commune de Peyrilhac, et au Masdoumier, commune de Veyrac. Airopsis agrotidea DC. à l’étang de Conore. Pilularia globulifera L. à Veyrac. Erica scoparia L. dans la forêt de Veyrac. Ophris muscifera. Huds, dans la prairie du château de la Cosse. Andenocarpus parvifolius DC. au bord de la route de Frégefond.
Je signalerai encore parmi les cryptogames, dans la forêt de Veyrac, Lamya ilicis Duby, qui conserve le souvenir de notre célèbre botaniste et amis, feu MEdouard Lamy de la Chapelle.

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Langage

Quoique le français soit compris et parlé par tout le monde dans ce canton, le patois n’a pas cessé d’être en usage. On trouve encore dans la partie nord le dialecte de la Basse-Marche qui se rapporte à la langue d’oïl, pendant que dans la partie sud on parle le limousin pur, qui se rapporte à la langue d’oc.

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Mœurs et usages particuliers

Quelques habitants du nord de ce canton émigrent encore pendant la belle saison pour aller travailler dans les grandes villes, mais leur nombre est assez restreint pour qu’on puisse dire que l’émigration n’existe pas.

On remarquera, comme usage ancien, le jugement par combat au XIème siècle, dont il est parlé à l’occasion des seigneurs de Nieul.

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Commerce

Le commerce comprend la vente des grains, des bestiaux, de la paille et du bois, qui est assez considérable. Le chef-lieu de canton possède quelques magasins de quincaillerie, mercerie, etc., pour l’approvisionnement des campagnes. l s’y tient aussi une foire le 10 de chaque mois. Peyrilhac en a une le 24 de chaque mois, et Saint-Jouvent, le 2 de chaque mois de janvier, février, mars et décembre.

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Industrie

Après la minoterie de la Poitevine, située à la jonction des communes de Saint-Jouvent et de Nieul, sur la route de Bellac, on ne trouve que quelques moulins établis le long de la Glane. _ L’exploitation du quartz, à Saint-Quentin, dans la commune de Veyrac a aussi quelque importance.

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Institutions

Outre les écoles communales, Nieul possède une école et un pensionnat pour l’éducation et l’instruction des jeunes filles. Cette maison fondée en 1873 fut d’abord confiée à des religieuses de Saint Vincent de Paul. Elle est dirigée par des religieuses du Sauveur depuis 1878.

On trouve dans ce canton tous les services administratifs : bureau de poste, gendarmerie, juge de paix, un notaire à Nieul, et un à Saint-Jouvent, etc.

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Voies de communications

La ligne de chemin de fer de Limoges au Dorat traverse le canton du sud au nord et le dessert par les stations suivantes : Couzeix-Chaptelat, Nieul, Peyrilhac-Saint-Jouvent, et Thouron.

Il y a deux routes nationales : celle de Limoges à Saumur (n°147), qui passe dans les communes de Nieul, Saint-Jouvent t Peyrilhac, et celle de Clermont à Saintes (n°141), qui touche la commune de Veyrac.

Un chemin de grande communication de Saint-Junien à Bénévent (n°28), traverse Saint-Gence, Nieul et Saint-Jouvent. Un de petite communication de Cieux à Chaptelat (n°3) traverse aussi Peyrilhac, et Nieul, etc.

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Souvenirs et monuments historiques

Les souvenirs de l’époque gallo-romaine sont les souterrains-refuge et les sépultures trouvées dans les communes de Chaptelat et Saint-Jouvent, le tumulus détruit dans celle de Saint-Gence, les restes de la voie romaine et du camp romain dans celles de Veyrac et Saint-Gence.

Le Moyen-Âge a laissé comme souvenirs le château de Nieul et les églises de chacune des paroisses.

Le canton de Nieul qui a 15157 hectares de superficie et 7984 habitants, comprend les communes de Chaptelat, Saint-Gence, Saint-Jouvent Nieul, Peyrilhac, et Veyrac.

Chaptelat, Catalacum, est aujourd’hui le chef-lieu d’une commune qui a 1,791 hectares d’étendue et 875 habitants. C’était une paroisse de l’ancien archiprêtré de Rancon. A la fin du siècle dernier, on y comptait 400 communiants, ce qui suppose une population de 533 habitants. Saint Eloi, qui est né en ce lieu, en a toujours été le patron. L’évêque de Limoges y nommait les titulaires, mais à une époque reculée cette église était sous le patronage du monastère de Solignac.

En 1686, la paroisse était composée de 148 feux ; les Pères Feuillants de Limoges en étaient seigneurs.

L’église de Chaptelat est une œuvre du XIIème siècle. On dit qu’elle a été construite sur l’emplacement de la maison de saint Eloi. Elles fut réparée, ainsi que son clocher, en 1436 ; la chapelle de Saint Eloi fut bâtie en 1442 ; les portes furent refaites et les fonds baptismaux réparés en 1460. C’est à la suite de ces dernières réparations qu’elle fut consacrée le 28 octobre 1461 par frère Miche, de l’ordre des Frères Prêcheurs, évêque de Nicosie, episcopus Nyocensis, et vicaire général de MGR Jean Barton de Montbas, évêque de Limoges.

Les curés de Chaptelat dont le nom est connu sont :

Ramerut, qui était curé avant 1761.

Gabriel Dépéret fut nommé vicaire-régent en 1761.

Philippe Mathieu, nommé en 1766, déporté pendant le Révolution.

Pierre Martin de Compreignac, en 1804.

Joseph de Cous, mort en 1822.

N...... Larue, 1834, 1835.

Célestin Rousseau, 1845.

Les villages de la commune de Chaptelat sont :

Aurieras. _ On trouve dans cette commune, ainsi que dans les environs, de nombreux monticules de terre accompagnés souvent d’excavations, faits de mains d’homme, portant le nom d’Aurières. Les unes ont voulu y voir des camps romains, d’autre des retranchements et des ouvrages de fortifications attribués aux Anglais.

Tous ceux que j’ai visité sont certainement le résultat de fouilles faites pour rechercher du minerai. Je rappellerai aussi que les sables de L’Aurence, descendant des montagnes de Compreignac et de Bonnac, ont été exploités au Moyen-Âge pour recueillir les paillettes d’or qu’ils contenaient.

Blémont. _ En 1810, en faisant des trous pour planter une allée d’arbres, on a découvert près de Blémont deux sépultures gallo-romaines. Les urnes en verre qu’elles renfermaient contenaient des cendres et des fragments d’os calcinés. _ Gaspard Benoit, seigneur de Blémont, fils de Mathieu Benoit, conseiller au Présidial de Limoges, fut élu consul de cette ville en 1602. Les armes de cette familles sont  : d’azur au chevron d’or accompagné de trios mains bénissantes d’argent, deux en chef et une en pointe.

Bouty (moulin de) sur l’Aurence.

La Bussière Les Combes.

ChantelauveCouteillas.

Chapteyrelle. Logis de Paille.

Maledent. Peut-être le berceau de la famille de ce nom.

Le Masneuf. _ Martial de Lépine, né vers 1720, était seigneur du Masneuf. Ses armes sont : écartelé aux 1er et 4ème de .... au coeur de..... ; au chef de gueules chargé de trois anels ; aux 2ème et 3ème d’azur à cinq anels de ...posés 2,2, et 1.

Mas de Hers.

Mas Eloi. _ Une école de réforme existe au Mas-Eloi ; elle est dirigée par les religieuses du Bon Pasteur. Cet établissement reçoit les jeunes garçons âgés de moins de douze ans jugés par les tribunaux.

Masérétas.

Mayeras.

Morcheval, appartient à la famille Senemaud.

La Pacaille.

Le Puy.

Puy-Mirat. _ La famille Marchandon de Puymirat porte pour armes : d’argent à un arbre de sinople, au chef d’azur à trois étoiles d’argent.

Sourue.

Le Theilhol. _ Deux sépultures gallo-romaines ont été découvertes près du Theilhol. On y a recueilli deux urnes en verre épais et verdâtre, d’environ 18 centimètres de diamètre et de forme très aplatie, et plusieurs petits vases en terre noirâtre. Ces objets furent offerts à la Société d’agriculture de Limoges, et ensuite déposées au Musée en 1846. Dans les environs on a trouvé plusieurs monnaies romaines aux effigies de Claude Néron et Domitien. On signale encore dans le même lieu un reste d’aqueduc romain construit en pierre de taille.

Jean Duclou, par contrat du 14 août 1646, acheta le Theilhol. Ses armes sont : d’azur au chevron d’or surmonté d’un croissant d’argent accompagné de trois clous d’argent deux en chef et un en pointe.

Parmi les descendants de Jean Duclou, un des auteurs du Gallia Christiana, et Dom Léonard Duclou, neveu du précédent, mort au monastère de Solignac vers 1790, laissant manuscrit un Dictionnaire de la langue limousine.

Près du Theilhol, sur le bord de la route, existe un très beai hêtre dont le tronc a sept mètres de circonférence.

Le Vouyer.

 

Saint-Gence est le chef-lieu d’une commune dont la superficie est de 2124 hectares et la population 1052 habitants. C’était une cure de l’ancien archiprêtré de Saint-Junien qui, au siècle dernier, comptait 950 communiants, chiffre supposant 1267 habitants. Le patron est Saint Gentian, martyr d’Amiens, dont la fête est célébrée le 11 décembre. Jadis, c’était saint Hilaire et saint Blaise. La nomination des titulaires de cette cure a toujours appartenu à l’évêque de Limoges.

L’église de Saint-Gence est formée d’une nef de trois travées ; celle du choeur qui se termine carrément a des nervures rondes à sa voûte, partout ailleurs elles sont prismatiques. deux chapelles s’ouvrent dans la travée centrale, et la porte d’entrée est au midi dans la troisième travée.

Dans la chapelle nord la clef de voûte porte un écusson sur lequel est sculpté un lion. C’est dans cette chapelle qu’a été placée une Mise au tombeau que l’on doit probablement à quelque membre de la famille Formier, comme celle de Saint-Junien. Cinq personnes composent cette scène. On y voit le corps inanimé de Notre-Seigneur étendu sur la dalle du sarcophage. Par derrière et au centre, la Sainte-Vierge, accablée de douleur, contemple son fils mort pour nous. Saint Jean est à côté d’elle et la soutient. Les autres statues représentent les saintes femmes portant des vases de parfum de différentes formes.

La cloche de cette église a plus de trois siècles d’existence. On y lit cette inscription : (Croix) IHS. MAR. Deus noster refugium et virtus, adjutor (Ps. 45). (croix)Béni soit le seigneur. 1584.

Au portail du cimetière on remarque une pile carrée avec autel au-dessus duquel une niche contenant une statue de la Sainte Vierge, le tout surmonté d’une croix.

Les curés de cette paroisse dont j’ai trouvé les noms sont :

Pierre Blois, 1450.

Jean Poylevé, 1555, qui possédé un très beau calice conservé aujourd’hui à l’Hospice de Limoges, portant ses armoiries : d’azur au chevron d’or à trois têtes de carnation, les cheveux hérissés. On lit sous le pied de ce calice :"Jehan Poylleve, curé de Sainct Gence, 1555".

Jean-Baptsite Bardy, ordonné prêtre en 1729, fut curé de Saint-Gence jusqu’en 1765.

Louis Fillatre, nommé en 1766.

Louis Fillatre, nommé en 1779.

Laurent Chabrol, 1804-1805.

Laurent Brissaud, né à Saint-Gence le 12 janvier 1737, confesseur de la foi pendant la Révolution, nommé à la cure de Saint-Gence en 1806, y est mort en 1815.

François Hélitas, 1835-1838.

Antoine-Joseph Mabaret, 1838-43.

Jean Delfour, 1844-1872.

Jean-Baptiste Cohade, 1872.

En 1513, Mathive Formier était Dame de Saint-Gence, les armes de cette famille sont : écartelé aux 1er et 4ème d’or, aux 2ème et 3ème à cinq points d’or équipolés à quatre de sable et une bande de guele brochant le tout. Etant orpheline et ayant une grande fortune, elle était sous la tutelle de son oncle Martial Formier, chanoine de Saint-Junien et abbé de Saint-Jean-d’Angely, lorsque le roi Louis XI lui fit épouser François de Pontbriant qu’il avait crée maire de Limoges en 1473. Pontbriant porte : d’azur au pont de trois arches d’argent. Brisées pour la plupart, quelques-unes étaient cependant intactes et mesuraient presque un mètre de hauteur. Un peu plus loin, existait un camp romain assez considérable ; il est de forme irrégulière, défendu d’un côté par de forts terrassements, et de l’autre par les escarpements du terrain près de la rive gauche de la Glane.

Une statistique de 1686 nous apprend qu’à cette époque la paroisse de Saint-Gence comptait 166 feux et qu’elle avait pour seigneurs l’évêque de Limoges, M. de Nuy, M. de la Motte, et les chanoines de la cathédrale de Limoges.

Les villages de la communes sont :

Beauchauderie.

Bondy. En 1607, Anne Poilevé de Bondy épousa Martial Romanet, sieur des Caussades. Appartient à la famille de Léonard de Saint-Cyr.

La Celle.

Le Charier.

La Châtre-Plane, près du camp romain signalé plus haut.

La Châtre-Boucherane.

Les Cadophies.

La Chassagne.

Le Chazeau.

La Gagnerie.

La Lande.

Lingaud.

Mas-Boucher, jadis aux Charriers. Il y avait dans ce lieu une chapelle dédiée à Saint Marc l’évangéliste. Au siècle dernier, on y exposait quelquefois le Saint Sacrement avec la permission des supérieurs. La famille de Pétiot possédait le Mas-Boucher en 1646.

Les Monts. _ Jean de Verthamont, bourgeois de Limoges, était seigneur des Monts en 1636. Cette famille porte : écartelé aux 1er de gueules au lion passant alias léopardé d’or, aux 2ème et 3ème cinq points d’or équipolés à quatre d’azur, au 4ème de gueules. La famille Coralli possédait ce lieu en 1848. Ce village était autrefois fermé par trois portes garnies de meurtrières : plusieurs maisons du XIVème siècle forment un quadrilatère au centre duquel se dresse une vaste grange fortifiée, ayant à ses angles des échauguettes encore intactes aujourd’hui, qui lui donne un aspect militaire.

Le Rabaud.

Senon. _ Un tumulus qui existait à Senon a été détruit lors de la construction de la route.

Le Theil.

Vauzelle, appartenait à M. Dupont de la Motte en 1644.

Des actes de 1441 désignant Jean de Gain, damoiseau du lieu de Gain, comme propriétaire de Laurière, paroisse de Saint-Gence. Ce nom ne se trouve pas aujourd’hui parmi les villages de la commune.

 

Saint-Jouvent dont on trouve le nom écrit Sanctus Gaudentius en 1323, Saint-Jouant et Saint Joven en 1591 et enfin Saint-Jauven en 1630, est un chef-lieu de commune qui a 2396 hectares de superficie et 1336 habitants. Cette commune s’étend dans une plaine vers le midi, mais sa partie nord-est est dans la montagne.

C’était au siècle dernier une cure de l’ancien archiprêtré de Saint-Junien ; on y comptait 900 communiants, ce qui suppose une population de 1200 habitants.

Le patron de cette paroisse est Saint Gaudentius, évêque et martyr, dont la fête est célébrée le 31 août. Le Bréviaire de la cathédrale de Limoges de l’an 1581 le dit évêque de Persépolis et martyr ; celui de 1540 le dit évêque d’une ville de Perse, et donne dans ses leçons une vie qui paraît manquer de certitudes historiques. Peut-être serait-ce Sainte Gaudence, vierge martyrisée à Rome le 30 août, dont on aura renvoyé la fête au lendemain depuis l’établissement du culte de Saint-Fiacre. Saint Denis de Paris, fêté le 9 octobre, était aussi un des patrons de cette église.

Le doyen de la cathédrale de Limoges y nommait les titulaires, au moins depuis 1348, mais plus anciennement, cette paroisse avait été sous le patronage du monastère de Solignac.

L’église de Saint-Jouvent a été construite vers la fin du XIIème siècle, sa porte date de cette époque. Elle a été presque entièrement rebâtie en 1464. Son chevet à pan droit, ses voûtes et ses chapelles sont de cette dernière époque. Son plan offre une nef de trois travées, avec deux chapelles s’ouvrant dans celle du milieu. Les nervures de la voûte sont prismatiques et retombent sur des colonnes rondes sans chapiteaux engagées dans le mur. A l’ancien clocher en arcade sur le pignon occidental a succédé un clocher avec flèche en bois. Sa cloche porte l’inscription suivante :

"Placée en 1763. Parrain JF Rogier de Janilhac. Dame Arbounaud, veuve de messire de Vaucorbeille, seigneur de Bachellerie, marraine. J. Lajoumard, curé".

"Refondue et augmentée en 1876. J E D. Vergnaud, né le 11 septembre 1873, parrain. Cécile de Francolini, née le 20 octobre 1871, marraine. Maire, M. le comte de Francolini. M. Vernet, curé".

"Cecilia mihi nomen

1763croix1876

Fondue par Antonin Vauthier, à Saint-Emilion, Gironde"

Dans le cimetière existe une chapelle où sont les tombeaux des seigneurs de Bachellerie. On y voit les épitaphes et les armes de chaque famille. C’est d’abord Mathieu de Vaucorbeil (1730-1810) qui porte : écartelé aux 1er et 4ème d’azur à la tour d’argent sur laquelle est posé un oiseau (?) ; aux 2ème et 3ème d’or au lion de gueules. Avec sa femme Marie Devoyon (1741-1822) : d’azur au croissant d’argent accompagné de trois étoiles d’or, 2 et 1.

Puis François de Vaucorbeil (1771-1839) et sa femme Geneviève de Laubard (1785-1844) dont les armes sont : d’azur à trois anilles(?)[flanchis(?)] d’argent posés en fasce, au chef chargé de trois étoiles d’or(?).

Sur le tableau qui forme le retable, on voit encore les armes de Vaucorbeil accompagnée : d’azur au faucon d’or, perché sur un bâton de même. Ce sont apparemment les armes parlantes de la famille Faulcon.

Enfin les tombes de Marie-Mathilde de Vaucorbeil, épouse de Ernest de Veyrinas (1809-1868), de Geneviève Léontine de Veyrinas, vicomtesse de Francolini (1833-1868), et de Marie-Louise de Veyrinas (1814-1864). Hébrard de Veyrinas porte : d’or au dextrochère de gueules, armé d’une lance du même et accompagné de trois étoiles d’azur 2 et 1. Francolini : d’or à la montagne de trois copeaux d’argent ; au chef d’azur à la comète d’or accostée de deux croissants d’argent contournés à dextre.

Les curés de Saint-Jouvent dont j’au retrouvé les noms sont :

A. Origet, 1720.

Iglebas, 1727.

Jacques Lajoumard, 1732-1792.

Jean-Baptiste Gatineau, 1803-1820, avait été déporté à l’étranger pendant la Révolution.

Ignace Bachellerie, 1822-1829, est dit ancien curé à Saint-Jouvent lorsqu’il meurt en 1832.

N....... Ruchaud, 1835.

Annet-Pierre Vernet, 1835-1886.

Gilbert Lecour, 1886.

En 1686, M. de Nieul et M. de Boisse étaient seigneurs de Saint-Jouvent.

C’est dans les carrières de Saint-Jouvent qu’ont été prises aux XIIIème et XIVème siècles les pierres au grain délicat qui ont servi à construire la cathédrale de Limoges, ainsi qu’en 1323 et 1408 pour bâtir le monastère qu’habitaient les chanoines.

Les villages de cette commune sont :

L’Age.
On signale près de ce village un souterrain-refuge de l’époque gallo-romaine qui s’est ouvert il y a quelques années. Pierre de Vaucorbeil, écuyer, seigneur de l’Age, lieutenant de Robe courte en la sénéchaussée de la Basse-Marche, par son testament du 4 mai 1690, voulut être enterré dans l’église de Saint-Jouvent. Il laissa Jacques de Vaucorbeil, sieur de Puybareau.

Les Baties.

Bachellerie.
En 1329, noble Aymeric de Ganh ou de Gain rendit hommage à l’évêque de Limoges pour sa terre de Bachellerie. Noble Jean du Gain faisait de même en 1341. Les armes de la famille de Gain sont : d’azur à trois bandes d’or. Le 13 juillet 1542, noble Léonard du Vignault rend le même hommage, déclarant tenir le lieu de Bachellerie comme seigneur des biens dotaux de sa femme. Au siècle dernier, la famille de Vaucorbeil possédait ce lieu, ainsi qu’on l’a vu plus haut, à propos de la chapelle du cimetière de Saint-Jouvent. "M. de Vaucorbeil, chevalier de Saint-Louis, porté par l’orage des révolutions dans les contrées étrangères, trouva en Suisse un accueil distingué. De retour dans son pays, il attira chez lui des familles suisses, qui, des environs de Fribourg vinrent avec leurs chevaux, leurs instruments de labourage et leurs charriots, s’établir dans cette Suisse limousine. De jeunes filles aux longs cheveux nattés chargeaient en chantant les lourds chars de foin, et les échos répétaient les airs si chéris des enfants de l’Helvétie".

En 1882, M. de Francolini, gendre de M. de Vaucorbeil a vendu Bachellerie à M. Gaston-Henri Denis de Senneville, dont les armes sont : d’argent à la bande d’azur accompagnée à senestre d’une molette de sable, au chef danché de gueules.

Boisse.
Appartenait autrefois à la famille Faulcon. On trouve Charles Faulcon, qui épousa en 1584 Gabrielle de Nepoux, fille de Jean de Nepoux, sieur de Boissay (plus probablement de Boisse). Son fils Jean Faulcon, écuyer seigneur de Boisse, épousa en 1610 Marie de Coustin, dont Charles Faulcon, écuyer seigneur de Boisse, qui épousa en 1658 Marie de Villelume. On trouve ensuite François-Foucaud Faulcon, seigneur de Boisse en 1679. Jean Coustin, écuyer seigneur de la Terrade, épousa Anne Faulcon de Boisse, mourut le 28 avril 1693 et fut enterré à Saint-Jouvent. Outre les armes parlantes indiquées plus haut, les Faulcon portaient : d’azur à la croix d’or (alias, d’or à la croix d’azur). Plus tard, Boisse appartint à la famille Génébrias. En 1837, c’était le propriété de M. François Pétiniaud-Champagnac. Boisse a été acheté récemment par Athanase Moreny. Cette habitation environnée d’un parc assez étendu a été singulièrement embellie par des plantations bien ordonnées.

Les Bordes.
Guy des Flottes, seigneur des Bordes, avocat à la Cour, était consul de Limoges en 1658. Sa famille qui possédait également Fontbesse, portait dans ses armes : cinq arbres, trois grands et deux petits. Les derniers représentants de la branche des Bordes ont vendu cette propriété à M. Gustave Morterol, qui y a construit une nouvelle habitation en 1890.

La Châtre.

Doumarie.

Dougneix, Dogneix et Dompnheix en 1452. Jean de Pétiot, bachelier en droit et notaire, en 1534, avait des rentes sur ce lieu, qu’il céda à Mathieu Benoit, marchand à Limoges.

Fontbesse appartenait à la famille des Flottes. La route qui traverse ce village est la limite de la commune et par suite une partie des maisons appartiennent à la commune de Bonnac, canton d’Ambazac. Le grand étang de Fontbesse, qui était traversé par la Glane, a été desséché il y a quelques années.

Fougeras.

La Grauloux.

La Grelle.

Lacaud ou Lascaux, vendu par Léonard des Courrières en 1774.

Lavaud.
En 1323, Pierrot Planchat, damoiseau, vendit à Jean marteau, bourgeois, une rente de quatre setiers de seigle sur le Mas de Lavaud-Croze.

Les Maisons.

Massac.

La Mouline.

Neuplanchas.
Les pierres pour construire le monastère où vivaient les chanoines de la cathédrale de Limoges furent prises en 1323 dans la paroisse de Saint-Jouvent, et spécialement en 1408 au lieu Novem Planchis.
Vers 1880, un souterrain de l’époque gallo-romaine s’est ouvert dans une terre près de ce village.

Neuvillars.

Petit-Got.
Léonard Barbou des Courières vendit en 1774 ses propriétés de Lascaux, le Peit-Got et Pouleynat.

Le Puy.

La Planche.

La Pouyade.

Puy-Barraud. Jacques de Vaucorbeil, sieur de Puy-Barraud, licencié ès-lois, était fils de Pierre de Vaucorbeil, écuyer seigneur de l’Age, mort en 1691.

La Ribière.

Romaneix.

La Rue.

Sénélas.

Tabarlet.

La Valette, de 1720 à 1774, était une propriété de la famille Barbou, dont les armes sont : d’azur au dextrochère de carnation, vestu d’argent, tenant une plume et un épi d’orge d’or, surmontés d’un croissant de même.

Villedard. _ M. Segond-de-Villedard, avocat au Parlement, vendit ce lieu par contrat du 28 mars 1783. C’est aujourd’hui la propriété de la famille Ardant dont les armes sont : d’azur au chevron d’or accompagné en pointe d’un soleil d’argent, au chef d’or chargé de trois étoiles de gueules.

Villemazet. _ Belle habitation moderne, avec parc et jardin anglais. On y remarque une gracieuse chapelle en style roman bâtie en 1888. C’est la propriété de la famille Lamy dont les armes sont : d’azur au pigeon d’argent.

Dans les dépendances de Villemazet, se trouve la terre des Veyrines. Peut-être doit-elle son nom à une verrerie. M. de Lépine écrivait, le 12 juillet 1774 : "il y a deux cents ans le Limousin était plein de verreries dont il n’existe pas la moindre trace, si ce n’est un reste de four dans la paroisse d’Ambazac. Si on a cessé de faire du verre dans notre province, c’est que depuis deux cents ans les ouvriers trouvaient à peine le payement de leur frais. " Si rien dans l’état actuel du sol ne prouve qu’une verrerie ait existé en ce lieu, il n’en est pas de même pour des monuments plus anciens. On y voit des restes de constructions romaines, où abondent des briques et quelques débris de poterie ancienne. La tradition locale veut qu’un trésor, sous forme de berceau en or, soit caché au fond d’un puits. La parcelle de terrain dans lequel se trouve ce puits est appelé le Bâtiment.

C’est à la limite ouest de cette terre des Veyrines qu’on trouva, vers 1834, quatre sépultures gallo-romaines, composées de grandes urnes en pierre, renfermant des vases en verre. Dans ces derniers étaient des cendre et des morceaux d’os calcinés. Plus tard, ces vases en verre furent donnés au Musée de Limoges.

 

Nieul, Niolum, actuellement chef-lieu de canton, est une commune qui a 1,698 hectares de superficie et une population de 1004 habitants. C’était une cure de l’ancien archiprêtré de Saint-Junien, qui, sur la fin du siècle dernier comptait 820 communiants. En ajoutant le tiers de ce nombre pour les enfants, soit 274, on trouve qu’alors la population était de 1004 habitants. Sa fête patronale était de l’Assomption de la sainte Vierge, et jadis saint Pierre. L’évêque de Limoges y nommait les titulaires au moins dès 1478.

Une vicairie fut fondée dans cette église, à l’autel de Saint-Georges, par Raton de Montrocher, seigneur dudit lieu, baron de Nieul. La nomination du titulaire était faite en 1492 par le seigneur de Nieul, en 1674 et 1695 par l’évêque de Limoges, et en 1722 et 1755 par Jean-Baptiste Texandier, trésorier au bureau des finances de Limoges, sieur de l’Aumônerie et de Verneuil, comme seigneur de la baronnie de Nieul.

Une autre vicairie, appelée Notre-Dame, existait à la fin du siècle dernier. La Dame de Nieul, le 14 février 1785, y nommait M. Guingand de Saint-Mathieu, curé de Saint-Pierre-du-Queyroix.

L’église de Nieul est une construction romane de l’époque de transition qui a été retouchée plusieurs fois. Elle a intérieurement 28 mètres de long, sur 7,50 mètres de large. La nef est composée de trois travées. La porte s’ouvre sur le mur méridional de celle du milieu. La plus rapprochée du sanctuaire est accompagnée aussi, au midi, d’une chapelle qui surmonte le clocher. Le monument entier a été l’objet d’une restauration récente.

La cloche porte l’inscription suivante : "L’an mil huit cent soixante-seize, j’ai été bénite sous le nom de Marie au chef-lieu de la paroisse de Nieul, sous l’épiscopat de Monseigneur Alfred Duquesnay ; M. Marie-Antoine Plainemaison, chanoine honoraire étant curé, Mr Frédéric Brissaud, notaire, membre du Conseil général étant maire. J’ai eu pour parrain M. Marie-René Henry, âgé de cinq ans et pour marraine Marie-Augustine Brissaud âgée de deux ans. Fondue par M. Antonin Vauthier à Saint-Emilion, Gironde, l’an 1876.""Hodie si vocem ejus audieritis, nolite obdurare corda vestra."Au dessus de cette dernière phrase, qui est au bas de la cloche, on voit une croix, le Sacré-Coeur de Jésus, saint Pierre, saint Paul.

Au milieu de l’ancien cimetière, qui est aujourd’hui une place, derrière le chevet de l’église, existe encore une gracieuse pile portant une croix à son sommet. Elle a été construire sous l’épiscopat de Mgr de la Fayette, entre 1627 et 1676. C’est une colonne carrée accompagnée d’un autel à sa base, au-dessus duquel est sculptée une niche de 67 centimètres de hauteur. Le sommet forme un fronton triangulaire sous une toiture à deux eaux. Sur le devant on remarque un écusson dont les pièces ne sont pas visibles, mais du côté opposé il y en a un autre intact. C’est celui de Monseigneur de la Fayette, évêque de Limoges : d’azur à la bande d’argent et la bordure de vair.

Voici les noms des curés de Nieul qui me sont connus :

Gui de Clusel, archidiacre de Limoges et curé de Nieul en 1195 fit un arrangement touchant le Puy-Dieu avec les religieux de Saint-Gérald, puis il fut élut évêque de Limoges en 1226.

Pierre de Reysses était curé de Nieul et chancelier de la curie de Limoges en 1379.

François Barthon, curé de Nieul en 1513 céda cette cure au suivant.

François de Beausoleil, 1513, qui avait d’abord été élu abbé de Solignac, par une partie des religieux de ce monastère.

Jean Lamy 1574, puis chanoine de Limoges.

Jean Debroa 1664, il et dit ancien curé de Nieul lorsqu’il meurt à Limoges à l’âge de 71 ans le 11 avril 1680.

Jean Collusson, natif de Limoges, qui par son testament du 7 septembre 1697, lègue la somme de 20 livres aux pauvres de l’hospice de Saint-Junien.

Jean Pouyat, nommé en 1743, fut élu principal du Collège royal de Limoges en 1763 et mourut en 1782. C’était un homme fort instruit et fort remarquable. On trouve sur les livres de sa bibliothèque ses armes : d’azur à un chevron accompagné en chef de trois étoiles posées 1 et 2, et en pointe d’un mont de six copeaux (probablement) d’argent. Il avait pour vicaire en 1762, Jean Pradeau.

Antoine Pouyat, né en 1732, curé de Nieul en 1765, fut curé constitutionnel de sa paroisse. Après avoir rétracté ses erreurs il fut de nouveau curé de Nieul en 1801, et y mourut en septembre 1820.

Jean-Baptiste Gatinaud, 1820, mort en novembre 1828.

Blaise-Joseph-Rose Calary, 1829-1841.

Marie-Antoine-Victor Plainemaison, 1842-1879.

Antoine-Jean-François Barat, 1879.

En 1686, la paroisse de Nieul avait pour seigneurs : l’évêque de Limoges, M. de Marsey (Louis de Saint-Georges), et M. de Puymaud.

La terre de Nieul est une ancienne possession de l’Evêque et des vicomtes de Limoges. Géraud vicomte de Limoges de 970 à 988, laissa entre autres enfants Guy, qui lui succéda dans la vicomté, et Aymeric, surnommé Ostrofrancus, qui fut le tige des vicomtes de Rochechouart.

Guy, au mois d’août 1019, donna à Dieu et à Saint-Pierre d’Uzerche une église élevée à Nieul en l’honneur Sancti Ribiani, et la moitié de tout ce qui en dépendait.

Une lettre de l’abbé de Saint-Denis (Suger), régent du royaume pendant l’absence du roi atteste que la terre et l’héritage d’Aymeric de Nieul relevaient en fief de l’Evêque de Limoges. (registre des hommage de l’évêché, aux archives de la Haute-Vienne).

Aymeric avait déjà donné au mois de mai 1018 la moitié de l’église de Nieul. Son fils Aymeric II, vicomte de Rochechouart, donna encore au même monastère d’Uzerche la moitié de l’église de Nieul, en y ajoutant la forêt d’Espinatiosa. Mais plus tard, ayant changé de sentiment, il reprit tout ce que lui et son père avaient donné et en jouit jusqu’à sa mort. Elle arriva d’une manière tragique et étrange : il fut assassiné par un ennemi.

Son fils Aymeric III, vicomte de Rochechouart, faisant réflexion sur la mort malheureuse de son père, et ne doutant pas que son âme souffrit pour avoir ôté à Dieu et à Saint-Pierre ce qui leur avait été donné, rendit le tout au monastère d’Uzerche en 1069.

Aymeric III qui possédait le château de Nieul eut une contestation touchant les biens de son aïeul, à la suite de laquelle il fut convenu entre les parties qu’on s’en rapporterait au témoignage des anciens, et qu’au cas où l’on ne voudrait pas y ajouter foi, on s’en rapporterait à la preuve du combat. C’était la coutume du temps. Ce combat avait lieu entre deux champions armés d’un bâton et d’un bouclier. Il fut convenu que ce combat aurait lieu "à Limoges, au bourg de Saint-Junien, ou au château de Nieul".

Au siècle suivant, on trouve Ramnulphus de Nieul, qui vivait en 1107, fut abbé du Dorat et fonda l’abbaye de Boeuil vers 1117. Gérard, évêque d’Angoulême, légat de l’antipape Anaclet, le nomma évêque de Limoges en 1131. Il mourut en 1135 et fut enterré à Boeuil.

Raterius de Nieul, chevalier, rendit hommage à l’évêque de Limoges le 4 avril 1296 : 1er pour tout ce qu’il tenait de la succession de sa mère en la châtellenie de Nieul et de Razès, 2ème pour ce qu’il tenait de la succession d’Aymeric de Axia, chevalier, à Nieul et au château et châtellenie de Nieul, 3ème pour ce qu’il tenait de Jourdain des Monts, 4ème pour ce qu’il tenait à cause de Dame Catherine son épouse.

Dans une transaction entre Gilbert de Malemort, évêque de Limoges et Raterius de Nieul, il fut convenu que la haute justice de la châtellenie de Nieul appartiendrait audit Raterius et la justice moyenne et basse de l’Evêque de Limoges, que les feudataires de l’Evêque qui tomberaient dans des cas criminels seraient jugés par les juges des deux seigneurs, et que les vigiers, qui tiennent les vigeries à foi et hommage dudit Raterius, pourraient établir les mesures de blé et vin dans le château et bourg de Nieul, à Chatelac, Périlhac, Cieux, Saint-Jouvent, et autres lieux de la châtellenie.

Gaufridus de Nieul, damoiseau en 1304.

Adémar de Nieul, seigneur de Puymaud, rendit hommage en 1343, il laissa pour héritière Delphine de Nieul, qui en 1417 était veuve de Hélie de Nespoul, damoiseau, et rendait hommage en 1420.

D’après Froissard, le sire de Nieul était à la bataille de Poitiers le 19 septembre 1356.

Raterius de Montrocher, seigneur dudit lieu et de Nieul fonda une vicairie dans l’église de Nieul. Ses armes qu’on trouve sur un sceau apposé à un acte de 1367 représente un lion avec une bande besantée.

Noble et puissant Raterius de Montrocher et de Nieul, faisait une vente en 1452.

Noble Jean de Montrocher, seigneur dudit lieu et de Nieul, vivait en 1461.

Peu après nous voyons la seigneurie de Nieul passer dans une autre famille. Jean d’Estuer, plus connu sous le nom de sire de la Barde, sieur de Nieul, et de Montrocher, conseiller, chambellan du roi, constitua le 6 novembre 1484, noble et puissant seigneur messire Guillaume d’Estuer, chevalier, seigneur de Saint-Maigrain, son frère, pour faire au seigneur évêque de Limoges serment de féauté à cause de la place, lieu et châtellenie de Nieul, et pour transiger touchant les rentes et autres droits appartenant à l’Evêque et pour l’acquisition de la terre de Nieul qu’il avait faite de noble Jean de Montrocher. Il eut pour héritier son frère Guillaume d’Estuer, qui devint baron de Nieul et de Montrocher et fit son testament en 1495.

Arnaud d’Estuer, fils de Guillaume, eut de son père les terres de Nieul et de Montrochet. Il fut tué dans les guerres d’Italie en 1417. Il avait épousé Antoinette de Pontbriant, fille de François de Pontbriant, fille de François de Pontbriand, et de Mathive Formier, seigneur et Dame de la Villatte (commune d’Ansac) et de Saint-Gence.

Antoinette de Pontbriant, qui n’avait pas d’enfants, épousa en secondes noces Marin de Montchenu, conseiller du roi, et son premier maître d’hôtel, gouverneur sénéchal du Limousin, qui devint alors baron de Nieul (1523, 1544). Le 15 mars 1535, il acheta de Simon des Coustures et de son épouse Martialle Nogier, de la paroisse de Nieul, le moulin situé au-dessous du château de Nieul, pour la somme de 2 000 livres. De ce mariage naquit Marie de Montchenu, dame de Nieul, qui épousa 1er Claude, seigneur de Châteauvieux ; 2ème Louis d’Aharcourt, baron de Macy, en 1538 ; 3ème, Antoine de Pons, comte de Marennes en 1557. On la dit morte en mars 1560, cependant son nom se trouve dans le rôle du ban et arrière ban de la noblesse du Limousin en 1568.

Jacques de Lescours, chevalier de l’ordre du roi, seigneur du repaire, fils de François de Lescours, seigneur baron de Savignac et des châtellenies d’Oradour-sur-Glane et du Repaire, acheta, de François de Silly, comte de Rocheguion, la terre et baronnie de Nieul par contrat du 17 février 1619. Son fils Isaac, baron de Nieul, baron de Nieul, épousa Hélène de Polignac. Louis de Saint-Georges, qui épousa sa soeur Louise de Lescours, en 1676, est encore dit seigneur de Nieul en 1703. François de Lescours, fils d’Isaac, baron de Nieul, fut maintenu dans sa noblesse par d’Aguesseau, intendant de Limoges, le 11 décembre 1666. Les armes de Lescours sont : coticé d’or et d’azur.

Vers 1685 la terre de Nieul fut achetée par les Texandier de l’Aumonerie. En 1740, Joseph-Alexis Texandier, baron de Nieul, chevalier d’honneur au bureau des finances de la généralité de Limoges, avait épousé Marguerite Guingand. En 1747, Jean-Baptiste Texandier est baron de Nieul. Les armes de cette famille sont : d’azur à la tour crénelée d’argent, accompagnée en chef d’une fleur de lis d’or, et de trois étoiles de même posée 2 aux flancs et une en pointe.

Avant 1770, Catherine Texandier, baronne de Nieul avait porté en dot la terre de Nieul à Jacques Léonard, seigneur de Fressanges. N....... de Léonard était encore seigneur de Nieul en 1793. Les armes de cette famille sont : d’or à une fleur tigée et feuillée de ....., surmontée d’un croissant de gueules, accostée de deux lions affrontés d’azur.

Pendant la Révolution, la terre de Nieul fut vendue, comme bien national au général Léonard Cacatte, né à Limoges en 1760, et mort en 1830.

En 1821, M. Durand de la Saigne du Boucheron, ancien capitaine aux chevau-légers, chevalier de Saint-Louis, en fit l’acquisition. En 1837, il démolit une partie du château qui paraissait fort ancienne, mais tombait en ruine, et restaura le corps de logis flanqué de tours qui existe aujourd’hui.

Enfin en 1876, Nieul a été acheté par M. Nivet, qui y a fait des réparations et se propose de reconstruire sur les anciennes fondations la partie du château qui a été démolie.

La gravure qui est en tête de cette notice et que M. le baron de Verneilh a bien voulu nous faire d’après une photographie, nous montre ce château tel qu’il est actuellement. Son entablement de modillons en guise de mâchicoulis, manque assurément de style d’intérêt artistique, mais son site, ses belles pièces d’eau et ses aménagements intérieurs n’en font pas moins une agréable résidence.

Au mois de février 1881, un cultivateur a trouvé à Nieul trois monnaies romaines en or, dans un état parfait de conservation. Il y en a de Marc-Aurèle et deux de Faustine. La première porte du coté de la face : AVRELIVS CAES ANTON AVG PI, et au revers TRPOT XI COS II (161 à 180).

La seconde : FAVSTINAE AVG PII AVG FIL et au revers VENERI GENITRICI ;

La troisième : DIVA FAVSTINA, et au revers AVGVSTA (morte en 175).

Les villages de la commune de Nieul sont :

Les Bois.

Les Brosses. _ Hélie Morsellus donna à l’église de Saint-Junien le Mas des Brosses ; Humbert et Jourdan, ses frères approuvèrent cette donation faite avant 1137. On voyait dans ce lieu quelques reste d’une ancienne chapelle fondée en 1316, pourvue d’une vicairie en 1521, mais interdite en 1747.

Boubaud, ainsi que Saint-Martin, qui est sur la limite de la commune de Limoges est la propriété de la famille Juge de Saint-Martin qui porte pour armes : d’azur à une main mouvante du flanc senestre, tenant une épée en pal qui supporte le fléau d’une balance à deux bassins d’argent. Ces deux habitations ont été ornées des plus belles plantations par les soins de deux générations successives. On les considère comme le berceau de l’agriculture forestière en Limousin. M. Juge de Saint-Martin a publié entres autres ouvrages, sur l’agriculture en Limousin : Description pittoresque d’une métairie dans le département de la Haute-Vienne, in-12° de 40 pages, Limoges, Barbou, 1806. C’est la description de Boubaud. Saint-Martin-du-Fault, au siècle dernier, était en partie de la paroisse de Nieul et en partie de celle de Couzeix. En, 1389, il y avait une chapelle dont la fête patronale était celle de l’Ordination de Saint Martin (4 juillet). En 1481, cette chapelle était une annexe de la cure de Nieul. Elle fut interdite en 1742. Lorsque M. Juge de Saint-Martin bâtissait son habitation de Boubaud en 1789, il demanda à l’autorité épiscopale la permission de bâtir aussi une chapelle privée pour remplacer celle de Saint-Martin. Cette permission fut accordée le 21 septembre 1789.

Le Châtenet.
Jean Péconnet nous dit dans son Livre de raison que sa mère Jeanne de Verthamont lui donna son bien et métairie du Châtenet, paroisse de Nieul, lorsqu’il épousa Narde Michel par contrat du 7 février 1651. Les armes de la famille Péconnet sont d’azur au chevron d’argent accompagné de trois piliers d’or.

Chantourouse.

Côtes (moulin des).

Grandeloup.

Laplaud.
Charles de Lescours, sieur de Laplaud épousa Catherine de Rechignevoisin le 3 mai 1628.

Saint-Martin du Fault._ voir Boubaud.

Mas-du-Puy.

Narmont.

La Plagne.

La Poitevine.
Usine construite par M. de Vaucorbeil de Bachellerie.

Puymaud.
Le manoir de Puymaud est dans une situation pittoresque qui domine le cours de la Glane. On le trouve signalé dans le rôle de 1695 et sur la carte de Cornuau en 1782. Adémar de Nieul, seigneur de Puymaud, vivait en 1343. Delphine de Nieul, sa fille et son héritière épousa Hélie de Nespoux, damoiseau. On trouve ensuite en 1482 Jean de Nespoux, écuyer, seigneur de Puymaud. Puis André de Nespoux, chevalier de l’ordre du roi et son gouverneur en la ville de Maubert-Fontaine, seigneur dudit Puymaud, qui épousa Isabeau de Carbonnières, et dont la fille Jeanne de Nespoux épousa le 2 mai 1589 Léonard Doyneis seigneur d’Audalay de la paroisse de Saint-Léonard.

La Ribauderie.

Sourue.
Près de ce village, à la limite de la commune de Chaptelat, on trouve le champ des Justices. Récemment on y signalait encore quelques colonnes. Ce sont les restes des fourches patibulaires de Nieul. Il se conserve parmi les habitants du pays une curieuse légende se rapportant à ce lieu. Ils disent qu’on y pendait les criminels condamnés à mort, et qu’on les laissait attachés au gibet pour inspirer la terreur aux malfaiteurs. Or il arriva qu’une bergère du village de Sourue, suivant un jour son troupeau qui passait en ce lieu, trouva par terre, au-dessous du corps d’un criminel pendu depuis quelques temps, une très belle pièce d’or, que la somme lui suffit pour acheter la propriété que ses descendants cultivent encore aujourd’hui au village de Sourue.

Valette.
Noble Pierre de Félines entre autres enfants Léonard de Félines qui était seigneur de Valette en 1518. Ses armes sont : d’azur au soleil d’or. Le fief de Valette entra dans la famille de Pétiot par le mariage de Marie Croisier avec Martial-Joseph de Pétiot, seigneur de la Motte, et passa ensuite par succession dans la famille de Brettes.

Vioulx.
On ne trouve plus le mas de Vioulx sur lequel Raton de Montrocher vendait une rente à Jean Disnematin, bourgeois de Limoges en 1452.

 

Peyrilhac, anciennement Padriliacum, est le chef-lieu d’une commune qui a 3 776 hectares de superficie et une population de 1786 habitants.

Peyrilhac faisait partie de l’ancien archiprêtré de Saint-Junien ; c’est une prévôté en 1276 et un prieuré en 1371. Son patron était Saint-Léger d’Autun dont on faisait la fête jadis le 25 août et plus tard le 2 octobre. L’abbé de Saint-Martin de Limoges y nommait les titulaires, et cela au moins depuis 1470. Le prieuré fut uni au monastère de Saint-Martin des Feuillants par décret du 11 septembre 1624.

La cure de Peyrilhac, au siècle dernier comptait 1290 communiants, ce qui suppose 1720 habitants, elle avait aussi Saint-Léger pour patron, et l’abbé de Saint-Martin y nommait les titulaires depuis 1482. On trouve cependant une nomination faite en 1636 par le prévôt de Peyrilhac.

L’église est formée d’une seule nef romane construite du XIIème au XIIIème siècle, avec un chevet circulaire. Le sanctuaire et la première travée conservent leur voûte primitive, et les deux travées de l’ouest ont reçu plus tard une voûte gothique. La porte s’ouvre au midi dans la dernière travée, et le clocher, en forme de tour carrée est placé au midi de la seconde.

On trouve dans cette église un petit groupe de statues représentant une Mise au Tombeau, dont l’ensemble a un peu moins d’un mètre. C’est par ses proportions seulement que cette sculpture diffère de celles qui existent encore ou ont existé en Limousin, car dans ces dernières les différents personnages qui composent cette scène y sont toujours à peu près de grandeur naturelle.

L’église a été récemment enrichie d’un vitrail destiné à conserver le souvenir du vénérable prêtre Bernard Bardon de Brun, décédé en odeur de sainteté en 1625, qui avait souvent séjourné dans la paroisse chez son beau-frère, M. Pétiot de Chavagnac.

La grosse cloche porte cette inscription : "Baptisée à Peyrilhac en août 1878._ J’ai eu pour parrain M. Joseph-Charles-Emile-Martin-de-Fontjaudran de la Mothe, conseiller à la cour d’appel, et pour marraine Melle Marie-Alexandrine-Alice de Bruchard de Chavagnac. M. le Vicomte Marc de la Guéronnière, maire officier de la Légion d’Honneur. M. Mativet Joseph curé._ Poids 316 kilos."

Deux cloches plus petites ont été bénites à Peyrilhac le 17 décembre 1891.

Joseph Lamy était curé de Peyrilhac en 1613, il mourut à Luret en 1644.

Bardinet, curé de Peyrilhac était membre de la compagnie du Saint-Sacrement à Limoges en 1647 et 1663.

David en 1751 et 1759.

Martial Cheyrou 1759-1783. Avait pour vicaire en 1762 son frère Jean Cheyrou.

Léonard Morin, 1783-1811. Il a écrit la note suivante dans le registre des actes de 1801 :"Messieurs David et Cheyrou mes prédécesseurs avaient toujours resté au château attenant à l’église et appartenant aux PP. Feuillants qui étaient décimateurs de la paroisse et collateurs de la cure de Périlhac. J’y ai resté moi-même pendant dix ans, jusqu’au moment où, dans les temps des grands troubles de la Révolution, les églises furent fermées. C’est dans ce temps que le district ordonna la destruction de ce château, sous le frivole prétexte de trouver des matières propres à faire du salpêtre. Celui qu’on en tira n’équivalait pas au dégât causé par la destruction de cette maison qui entrainait la ruine de l’église ; ce qui a coûté à la paroisse environ 2000 francs pour remonter les murs et remettre les couverture. A l’ouverture des église, je reparus à Périlhac pour y reprendre mes fonctions, mais n’y ayant point de maison curiale, je restait en quelque temps au Breuil, chez M. Etienne."Le presbytère actuel n’a été acheté qu’en 1810.

François Hélitas, 1815-1835.

Joseph Mathivet, 1835-1883.

François Grange, 1883- 1886.

Pierre-Léonard-Maurice Bessière, 1886-1891.

Louis-Guillaume Tharaud, 1891.

Une communauté de Soeurs Franciscaines du Sacré-Coeur a été fondée dans la paroisse de Peyrilhac en 1892. Ces religieuses ont pour mission de soigner les malades à domicile et de faire le catéchisme dans les villages.

Au Xème siècle, Peyrilhac était le chef-lieu d’une vicairie ou division administrative du territoire : Vicaria Padriliacum ou Vicaria de Padriliaco. On croit que cette division du territoire en vicairies remonte à Charlemagne.

En 1686, la paroisse de Peyrilhac avait 260 feux. Les seigneurs de la paroisse étaient : l’évêque de Limoges, les Feuillants, M ; de la Mothe, Melle de Chavagnac.

Les villages de la commune de Peyrilhac sont :

l’Age.

Banèche.

La Béraudie.

Bois-Sournet.

Le Breuil.
En 1730 Jean-François Pabot, écuyer, était seigneur du Breuil. En 1810, ce lieu appartenait à la famille Etienne. Actuellement, il est à la famille de Bruchard dont les armes sont : d’azur à trois fasces d’or, une bande de gueules brochant sur le tout.

Chavagnac.
C’est en ce lieu qu’est la ferme-école départementale. Un premier projet de ferme-école avait été présenté au conseil général du département dès 1820. Repris en 1832,1833, et 1842, il ne put aboutir. Il en existait une cependant à Verneuil, grâce à l’initiative privée. Celle de Chavagnac ne devint établissement départemental qu’en vertu d’un décret ministériel de décembre 1847, exécuté en juin 1848. Aujourd’hui elle est très florissante sous la direction de M. Anatole de Bruchard. Les jeunes gens y sont admis au concours à l’âge de seize ans. reçus gratuitement, ils complètent dans cet établissement leur instruction primaire et suivent les cours d’agriculture, d’horticulture, d’art vétérinaire, de comptabilité, d’irrigation d’arpentage et de nivellement. Le temps d’apprentissage est fixé à trois ans. A leur sortie, les élèves qui ont mérité un certificat d’apprentissage reçoivent une prime de 300 francs.

Mathieu de Pétiot, consul à Limoges le 7 décembre 1596, était seigneur de Chavagnac ; son fils Bernard de Pétiot, consul et bourgeois de Limoges, l’était en 1630, et Pierre de Pétiot, fils de ce dernier, en 1661. Jean-François Pabot, écuyer, conseiller du roi, lieutenant en la maréchaussée, seigneur de Chavagnac en 1756.

Chauvoury.

Conore.
On trouve ce nom écrit Conobre en 1362. C’était un membre de la commanderie de Limoges, ordre de Saint Jean de Jérusalem, fondé au commencement du XIVème siècle. Outre la cure, dont il est parlé au plus bas, les autres bien appartenant à l’ordre de Saint-Jean étaient le pré de l’abbaye et l’étang avec un moulin banal auquel les habitants du bourg de Conore et ceux du village des Vergnes étaient tenus de venir moudre leurs grains. Il est fait mention de la paroisse de Conore en 1362 ; elle a existé jusqu’à la Révolution. La maison curiale avait été construite vers 1600 "sur les vieilles ruines et masures d’une maison appelée l’abbaye de la commanderie, qui paraissaient encore en 1615". On comptait dans cette paroisse à la fin du siècle dernier 200 communiants, ce qui indique une population de 267 habitants. Sa fête patronale était la Décollation de Saint Jean. Le commandeur de Limoges y nommait les curés.

Voici ceux qui me sont connus :

Sire est dit ancien curé de Conore en 1748.

Pierre Faveau, nommé en 1742, y était encore en 1762.

Lesterp en était curé le 12 avril 771.

Decelle, nommé en 1771.

Roux, nommé en 1773.

Depuis le commencement de ce siècle, la cure de Conore est unie à celle de Peyrilhac.

L’étang de Conore.

Faux.

Gaudonnet.

Laurier.

Lavaud.

La Maison-Rouge.
Le baron Martial Bardet, général de division, commandeur de la Légion d’honneur, est né à Maison-Rouge en 1764.

Le Mas-du-Bost.

Le Mas de Lavie.
Jacques Dupont, seigneur de la Mothe de Gain, afferme le Mas de Lavie le 10 en 1504 sont janvier 1643.

Moulin des Rues.

Montcocu.
Noble Pierre de Gain était seigneur de Montcocu un peu après 1400. Pétronille de Boisse vendit la métairie de Montcocu en 1709 à Pierre de Pétiot.

La Mothe.
La famille de Gain, dont le lieu d’origine est Gain, commune d’Isle, a possédé très anciennement le château de la Mothe : Jean de Gain, damoiseau, était seigneur de Gain en 1356 et 1401. Jean de Gain en 1500, et Jacquette de Gain épouse de Jean de Pranzac sont seigneurs de Gain. Cette famille porte pour armes : d’azur à trois bandes d’or.

Jacques Brassard, écuyer, sieur de Saint-Mari en Angoumois, de Gain et de la Mothe, portait dans ses armes : un pal avec une cotice en bande brochant. Il épousa par contrat du 13 septembre 1550 Françoise de Pierrebuffière, seigneur de Chamberet et de Marie de la Noue. Leur fils Jean Brassard, écuyer, sieur de Saint-Mari, la Mothe, etc.., épousa Louise de Barbezières, fille de Sébastien de Barbezières sieur de Bourgon. Il mourut sans enfants.

En 1594 Louise de Barbezières, possède la Mothe. Ses armes sont : losangé d’argent et de gueule.

En 1630, Jacques Perrier, époux de Jacquette des Moutiers, est seigneur de la Mothe-de-Gain.

En 1638, François de Bourgon, vend, pour la somme de 28 000 livres à noble Jacques Dupont, avocat en la Cour du Parlement de Bordeaux et siège présidial de Limoges "les fiefs nobles de la Mothe et de Gain situés en la paroisse de Peyrilhac et la paroisse d’Isle."

Par son testament du 6 avril 1646, Jacques Dupont fait héritier universel Jacques de Pétiot, son filleul. Les armes de la famille de Pétiot sont : d’azur au chevron d’or accompagné de trois pigeons d’argent 2 et 1, au chef cousu de gueules à trois étoiles d’or. C’est ainsi que les portaient les Pétiot de la Mothe en 1655, car chaque branche de cette famille y a introduit une variante.

Par son testament du 8 février 1768 Joseph Martial de Pétiot, seigneur de la Mothe, demande à être inhumé dans le tombeau de sa famille en l’église de Peyrilhac et fait héritier universel Joseph Martiel de Brettes son filleul, fils du marquis des Cros. La famille de Brettes porte : d’argent à trois vaches bretonnes de gueules d’une sur l’autre. Lorsque la Révolution éclata, le vicomte de Brettes, seigneur de la Mothe, suivit dans l’exil les princes auxquels il avait prêté serment ; tous ses biens furent vendus nationalement, et lorsqu’il rentra en France, il était ruiné.

La Mothe, toujours appelée la Mothe de Gain, est aujourd’hui la propriété de M. Martin de Fontjaudran.

Le Picq.

Pourcelas.

Puysseyre.

Le Puy-Dieu. Podium Dei.
En 1195, Guy de Clusel, archidiacre de Limoges et curé de Nieul, fit avec les religieux de Saint-Gérald de Limoges un arrangement touchant leurs droits respectifs sur le lieu de Puy-Dieu._ Charles de Lescours, écuyer, seigneur de Laplau et du Puy-Dieu était mort sans postérité avant 1672. _ Françoise de Pétiot, en 1702 était veuve de M. Moulinier du Puy-Dieu. _ En 1731, Jean Moulinier était seigneur du Puy-Dieu._ A la fin du siècle le Puy-Dieu était la propriété de la famille Faulconnier.

Le Queyroix. Quadruvium.
Jean de Lescours, seigneur d’Oradour, du Repaire, et du Queyroix, échangea la terre du Queyroix pour celle du Puy-Gaillard le 24 mars 1660. Lescours porte : coticé d’or et d’azur. Anne-Martial Baillot était seigneur du Queyroix en 1790. Ses armes sont : d’azur à la fasce en devise d’argent accompagnée en chef de trois billots ou bâtons écotés d’or posés 2 et 1. Le Queyroix provenant de la succession de M. Bres, négociant fut vendu le 28 juillet 1808. Il fut encore vendu en mars 1877 par M. Charles-Etienne-Marc du Breuil-Hélion de la Guéronnière. Le propriétaire actuel, M. de Bruchard, possède un reliquaire venant du château de la Mothe sur lequel est gravé le portrait du vénérable Bradon de Brun, mort en 1625, qui était l’oncle de M. de Pétiot de Chavagnac.

Le Rege.

La Roche.

Trachaussade.

Vaugoulours, appartenait à la famille Gallichier. En 1769, Jacques de Moras, écuyer de la paroisse de Chamborand épousa Gabrielle Gallichier de Vaugoulours. Les armes de la famille de Moras sont : de gueules à deux épées d’argent en sautoir la pointe en haut, accompagnées de quatre molettes de même.

 

Veyrac, nommé Veriacum en 1083, Veirac et Veyrat en 1274, Varact en 1382, est aujourd’hui le chef-lieu d’une commune qui a 3370 hectares de superficie et 1755 habitants. Au siècle dernier, c’était une cure de l’ancien archiprêtré de Saint-Junien, où l’on comptait 1000 communiants, chiffre qui suppose une population de 1333 habitants. Le patron de la paroisse était Saint Martin de Tours. L’évêque de Limoges, au moins dès 1499, y a toujours nommé les titulaires. Mais à une époque reculée, Saint Martin de Veyrac était sous le patronage du monastère de Solignac.

Il y avait dans l’église de Veyrac une vicaire fondée vers 1556, par Martial Yvernault, prêtre le plus proche parent du fondateur. Ses héritiers et leurs successeurs y ont nommé les titulaires dès 1598 et le curé conférait. Joseph Giry, curé de Saint-Jean-en-Saint-Etienne, possédait cette vicairie lorsqu’il mourut en 1776.

Une autre vicairie fondée à l’autel de Saint-Catherine par Martin Yvernault, prêtre du lieu de La Gouteau et Peyruchier. Le curé conférait les pouvoirs au prêtre nommé par le plus proche parent du fondateur. Ce fut en 1582 et 1696, N..... Yvernauld, marchand de Limoges, en 1774 Blanchon cordonnier, comme époux Yvernault.

Une troisième fondée à l’autel de la Sainte-Vierge était dite vicairie des Bardet. Le curé de Veyrac nommait et conférait en 1602.

L’église de Veyrac, pour la partie ancienne qui existe encore, doit remonter au XIème siècle. Le sanctuaire se termine par un chevet circulaire, éclairé par trois fenêtres ; il est accompagné de deux chapelles servant aujourd’hui de sacristies. Dans celle du nord on trouve un arcosolium avec une dalle funéraire sur laquelle est sculpté en bosse un prêtre vêtu de la chasuble et tenant un livre entre ses mains jointes. La tradition orale très moderne qui veut voir dans ce personnage l’évêque de Limoges, Jean de Veyrac, est complètement fautive.

D’abord on sait d’une manière certaine que ce prélat est mort en Palestine en 1218, et qu’il repose à Saint-Jean-d’Acre, aucune chronique n’a jamais dit que ses restes aient été transportés en France. Ensuite cette sculpture ne représente pas un évêque, on n’y voit ni la crosse, ni la mitre, ni aucun des attributs épiscopaux ; mais un prêtre, vêtu de la chasuble, et tenant entre ses mains un livre et une croix. Enfin l’arcade trilobée, ornée de fleurs, qui occupe le sommet de cette dalle ne se trouve dans notre province qu’au XIVème siècle et rarement à la fin du XIIIème siècle. C’est ce qui me fait hésiter à y voir l’effigie du neveu de l’évêque de Limoges, Pierre de Veyrac, chanoine de Saint-Junien, mort seulement un an après lui en 1219. Quoiqu’il en soit cette dalle funéraire n’est pas sans intérêt, mais on ignore le nom du prêtre pour qui elle a été sculptée.

Deux autres chapelles plus grandes s’ouvrent dans la nef qui a été reconstruite peu avant 1880. La porte en plein cintre de l’ancien monument existe toujours ; elle est formée de trois voussures ornées de colonnettes et ouvre au midi, pendant que celle de la nouvelle construction, surmontée du clocher moderne, est au couchant.

Les curés de Veyrac dont j’ai retrouvé les noms sont :

Joseph Dupeyrat, licencié en décret, chanoine de Limoges et curé de Veyrac en 1499.

Pierre Noël, 1671.

Jean-Baptiste Heyraud, nommé en 1754, y était en 1762 et avait alors pour vicaire François Richard.

Martial Heyraud, 1762, 1822.

Blaise-Joseph-ROse Calary, 1823, 1829.

N..... Lavalade, 1829, 1831.

N..... Thomas, 1834, 1841.

Louis Blanchard, 1841.

Jean Rivet, 1841, 1880.

Jean Merlin, 1880.

La famille de Veyrac possédait ce lieu à une époque fort reculée . Jean de Veyrac, qui y est né, fut d’abord prévôt de Saint-Junien, puis en 1198 élu évêque de Limoges. Il eut à combattre les Brabançons qui désolaient alors le Limousin. Il bâtit le château de Veyrac et mourut en 1218 en Palestine, à Acre, où il repose. On lui donne pour armes de vair. Pierre de Veyrac, son neveu lui succéda comme prévôt de Saint-Junien ; il fut archidiacre de Limoges et mourut le 13 janvier 1219.

Au siècle suivant, la terre de Veyrac est dans la maison de Rochechouart. Nous voyons Aymeric de Rochechouart, chevalier, seigneur de Saint-Victurnien et plus tard de Mortemart, de Vivonne, etc., épouser vers 1358 Jeanne D’Archiac qui lui porta une grande fortune. Il eut à se plaindre d’elle et l’enferma dans une tour du château de Veyrac où elle mourut en 1378. Il se remaria en 1381 avec Jeanne d’Angles, dont il eut Catherine qui épousa le 14 avril 1404 Olivier de Saint-Georges, seigneur dudit lieu en Marche et de Fraisse, auquel elle porta le fief de Veyrac. Rochechouart porte : fascé et enté d’argent et de gueules de six pièces.

Parmi les enfants d’Olivier de Saint-Georges, on trouve Guillaume qui forma la branche de Veyrac. La seigneurie de Couhé en Poitou fut érigée en marquisat sous le nom de Couhé-Veyrac, par lettres de 1652, en faveur d’Olivier de Saint-Georges, seigneur de Veyrac. Les armes de cette famille sont : d’argent à la croix de gueules.

Jean Londeix, sieur de Puytignon acheta la terre de Veyrac par acte du 30 juin 1626 à Olivier de Saint-Georges. La famille de Londeix porte : d’azur au chevron d’or surmonté d’un croissant d’argent, accompagné de trois mains au doigt majeur levé de même.

En 1782, Martial Ballot d’Etivaux, président trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Limoges, est coseigneur de Veyrac. Ses armes sont : d’azur à la fasce en devise d’argent, accompagnée en chef de trois billots ou bâtons écotés d’or posés 2 et 1.

En 1837, MM. de Nollet possèdent Veyrac. Ce château démoli pendant la Révolution, avait été construit à peu de distance de l’église où l’on reconnaît encore ses fossés. Les bâtiments qui restent, transformés en habitations modernes, dominent une belle terrasse. Les jardins et le parc qui s’étendent au bas sont traversés par un ruisseau, que deux ponts couverts, fort pittoresques, avaient été construits. Celui du nord est détruit, mais celui du sud est encore intact. Il est formé de cinq petites arcades qui portent un bâtiment carré à larges portes.

Au nord-ouest du bourg s’étend la forêt de Veyrac, dans laquelle on trouve quelques morceaux d’une voie romaine.

Les villages de la commune de Veyrac sont :

L’Abbaye.
Ce nom est resté à l’emplacement qu’occupait l’abbaye de Beuil, aujourd’hui complètement détruite.

Beuil, Bulium, était une abbaye, fille de Dalon, fondée entre 1117 et 1123 par Ramnulphe de Nieul, archidiacre de Limoges et abbé du Dorat. Elle fut unie à cette dernière date à Citeaux. Elle était sous le patronage de la Sainte Vierge et de Saint Mandet, peut-être le solitaire du diocèse de Tréguier qui mourut le 18 novembre au VIIème siècle. Jadis l’abbé était élu par les religieux, mais au siècle dernier il était nommé par le roi.

Ramnulphe de Nieul fut enterré à Beuil en 1135. L’église fut consacrée le 4 octobre probablement avant cette dernière date.

On conserve encore la matrice du sceau que cette abbaye fit graver au XIIIème siècle. Il est de forme ronde et représente la Saint Vierge debout, couronnée, portant l’Enfant-Jésus et tenant de la main droite une branche qui semble se terminer par trois fleurs. On lit autour : S. NVET. SCE. ME. BVLIO. (Sigillum Conventus Abbatie Sancte Marie de Bulio).

L’histoire de l’abbaye est peu connue. Voici quelques faits qui s’y rapportent :

"Le premier abbé de Beuil, qui se nommait Etienne, unit son abbaye à l’ordre de Cîteaux, sur lequel Saint Bernard jetait alors le plus vif éclat, et la mit sous la dépendance de l’abbaye de Dalon en Limousin, que gouvernait alors dom Roger, mort en odeur de sainteté. Saint Bernard, abbé de Clairvaux, aurait voulu faire de l’abbaye de Beuil une des dépendances de l’abbaye de Clairvaux, mais dom Roger, abbé de Dalon, écrivit à Saint Bernard, pour l’en dissuader, une lettre dans laquelle il se comparait au berger de la parabole de Nathan, qui n’avait qu’une brebis et saint Bernard à ce riche qui en avait cent et qui voulait enlever la brebis du pauvre. Après cette lettre, saint Bernard ne donna pas suite à son projet". (M. le chanoine Arbellot._ Sem. rel. Lim., XXIX, 808).

Vers l’année 1163, des ermites de la Malèze qui étaient sous la protection de l’église de Saint-Junien ne menant pas une vie assez régulière, le pape chargea l’évêque de Limoges, Gérald, de les réformer. Celui-ci transféra leurs possessions au monastère de Beuil, à l’exception de quelques droits et quelques rentes qu’il laissa à l’église de Saint-Junien. (Chron. du Lim., IV, 41.)

En 1210, noble Jourdain Vigier fit une donation de quatre deniers de rente à l’abbaye de Beuil. (Arch. de la Haute-Vienne, pièce non classé).

En 1225 fut commencé un procès entre M. de Mons et les siens, avec B..., abbé de Beuil. Il ne fut terminé qu’en 1240 par le paiement à l’abbaye de Beuil d’une rente pour le dommage fait dans la forêt et dans les prés. (Idem).

En 1240 mourait Hughes abbé de Solignac. Selon le pieux usage de cette époque, les religieux de cette abbaye envoyèrent un exprès à tous les monastères pour annoncer cette mort et demander des prières pour le défunt. Le religieux chargé de cette mission, parti de Solignac, arriva à Beuil le 2 janvier 1241. Les religieux de Beuil, après avoir indiqué sur le rouleau qu’il portait les prières qu’ils engageaient à faire pour cet abbé, réclamèrent aussi, de leurs frères de Solignac, un échange de prières. Le porte-rouleau partit ensuite se dirigeant vers le Poitou, pour continuer sa mission qui s’étendait même au-delà des limites de la France. (Bull. Soc. arch. Lim., XXVI, 348).

En 1278, le prieur de Beuil fit l’acquisition de tous les droits que Pierre Callet avait sur les terres du Vignaud, dans la paroisse de Saint-Yrieix. (Archives de la Haute-Vienne).

En 1281, Jordan Malbot, de Compreignac, fait à l’abbaye de Deuil donation d’une rente de 12 setiers de seigle. (Idem).

En 1285, le 18 septembre, le monastère fut visité par Simon, archevêque de Bourges.

En 1314, noble homme Hélie d’Oradour fait aussi une donation à Beuil (Nobiliaire du Limousin III, 303). 

En 1434, une sauvegarde pour l’abbaye de Beuil, donnée par Charles VII, roi de France, fut publiée aux assises royaux de Limoges (Archives de la Haute-Vienne, idem).

En 1525, il n’y avait que six religieux dans le monastère.

La Révolution chassa du monastère les religieux qui restaient encore à Beuil, et commença le pillage et la ruine des bâtiments. Le dernier prieur Jean-Marie Campagne s’en éloigna cependant le moins possible. Le 7 février 1794, il était à la Barre. Il y résidait encore en 1802, et dut mourir vers 1811. Au commencement du siècle, ce qui restait des bâtiments fut vendu à un entrepreneur nommé Marc Fougère, qui transporta à Limoges comme matériaux de construction tout ce qu’il put en arracher. Cependant, en 1837, une partie du cloître existait encore, mais aujourd’hui on n’y trouve plus rien : église, cloître, monastère, tout a disparu. Trois chapiteaux de l’église ont été transporté au village des Quatre-Vents dans la commune de Verneuil, où ils servent de supports dans une grange : ils sont du XIIème siècle. On en trouve un autre, placé sur un mur au village de Lébourliat ; il est moins ancien que les précédents.

Voici la liste des abbés de Boeuil, complétée grâce aux recherches de M. Louis Guibert :

Etienne, 1123.

Jean.

Bernard, 1125, 1144.

Pierre, 1151 que le nécrologie au 8 mai dit homme de bonne et sainte mémoire.

Rainaldus, 1160.

Johannes, 1174, 1184.

Bernard, 1190.

Geraldus, 1200.

Gui, 1205.

Barjadus, 1220 (?).

Bartholomeus, 1223.

Bernardus, présent à une donation faite à Grandmont en 1237.

Petrus, 1246, 1248.

Guillaume, 1259.

Johannes, 1270, probablement celui qui fut déposé pour n’avoir pas payé un décime que l’ordre avait imposé en 1277 au chapitre général de Cîteaux.

Jean, déposé en 1280 par le chapitre général pour avoir vendu une grange.

Villelmus, 1297, mourut le 11 août 1300.

Robert, obtint en 1312, une bulle confirmant les privilèges de son monastère. Il siégeait en 1315.

Iterius, 1326, 1328.

Guillaume, 1328, 1332.

Bernard, 1336, 1367.

Guillaume Fulcadi, 1368, fut commis en 1371 pour visiter le Palais.

Jean, 1378.

Raimond, official de Limoges, abbé de Beuil en 1379, et abbé de Dalon en 1387.

Pierre Braguda, prit possession le 22 novembre 1390, siégeait vers 1420 ; le nécrologue, au 9 mars, dit que sa mémoire est en bénédiction.

Pierre Berzerii, 1425, obtint des lettres de sauvegarde du roi en 1434.

Pierre de Gaing, 1442, bachelier en décrets, frère du seigneur d’Oradour-sur-Glane, administrateur perpétuel d’Obazine 1473, abbé de Solignac 1488, 1490, abbé de Cadouin en 1502. (Il y a probablement deux abbés du même nom).

Pierre Bonneau, nommé le 2 novembre 1504 par l’abbé général de l’ordre de Cîteaux, fut abbé de Boschaud en Périgord en 1523.

Bardin Trepin, d’Allassac, 1536, résigna.

Regnaud de Gaing, profès de Cîteaux, obtint ses bulles le 4 février à 22 ans grâce aux services que les seigneurs d’Oradour-sur-Glane, de sa famille, avaient rendus à la couronne.

Arnaud de Gaing, chanoine de Saint-Junien, eut l’abbaye de Beuil par résignation ; il se démet lui-même le 5 mars 1574 en faveur de son frère François de Gaing.

François de Gaing, 1575, résigna en 1603.

Martin Mallet, 1616, résigna en faveur du suivant.

Antoine Saige, de Tulle, conseiller clerc au présidial de Brive, vicaire général et official de Limoges, 1620, 1659.

Pierre de la Roze, diacre du diocèse de Paris, 1660.

Pierre Richard, aumônier ordinaire du roi, 1666, démissionnaire en 1681.

Giraud de Giscourt, prêtre de Saintes, 1682, reprit sur le seigneur d’Oradour certains biens qu’il avait usurpés sur le monastère.

Johannes, 1684.

Johannes, 1691.

De Lezay Lusignan, alias Louis-Melchior de Bessey de Lusignan, nommé le 24 décembre 1691.

Jacobus Poisson, 1702, 1722.

Claude Cousin, clerc, fils de Gilbert, écuyer, 1724.

Martial Sardine, prêtre, curé de Panazol, 1729.

Hocquart, 1732, 1736.

Louis Aimeric de Bailleul, licencié en droit, 1738.

Martial-Simon de Raquiaud, né à Saint-Junien, ancien curé de Saint-Pierre-du-Queyroix, 1742, 1773.

Louis Romanet du Caillaud, doyen de la cathédrale de Limoges, 1773, mort en février 1786.

Jean-Baptiste-François Lebas de Lalonde, docteur de Sorbonne, prêtre de la compagnie de Saint-Sulpice, directeur du Séminaire d’Autun, nommé en 1787, 1791.

La Barre.
Il y avait à la Barre en 1632, une chapelle rurale dont saint Antoine, abbé, était le patron. _ Beaumesnil a écrit qu’il existait un dolmen au village de la Barre. Cette assertion a été répétée plusieurs fois sans aucune vérification ; il a cependant été facile de constater que c’était une des nombreuses inventions de cet archéologue-comédien.

Le Buisson.

La Bouteille.

La Boine.

Les Cosjanots.

Chaumeix.

Chapelle du Queyroix.
Il existait une chapelle rurale en ce lieu en 1635. Saint Marc, évangéliste en était le patron. Jusqu’à la fin du siècle dernier, le 25 avril, les paroisses de Veyrac et Peyrilhac allaient en procession à cette chapelle qui était limitrophe de Peyrilhac. On y disait la messe, et même quelquefois on y exposait le Saint-Sacrement.

La Chartruse.

Le Châtenet.
Le 12 mai 1459, noble Etienne Prinsaud, damoiseau, reconnaît tenir ce lieu à foi et hommage de l’évêque de Limoges, pour lui et comme mari de demoiselle Catherine, fille et héritière de Jean du Châtenet, damoiseau. On trouve Barton Prinsaud, écuyer, au rôle du ban de 1470. Michel Prinsaud, écuyer, est seigneur du Châtenet en 1521. . Noble Guillaume Prisault, seigneur du Chastenet, héritier de Martial Prinsault, son père, en 1706. Cette famille porte : d’azur au chevron d’or accompagné de trois croisettes du même en chef et d’un lion léopardé, armé et lampassé de même pointe. Pierre de Masvallier, écuyer, fils d’Eusèbe de Masvallier et de Catherine Prinsault, prenait aussi le titre de seigneur du Châtenet en 1634. Ses armes sont : d’argent à la croix de gueules. Jean Dupin, écuyer, qui épousa par contrat du 8 août 1637 Jacquette Prinsault, est encore dit seigneur du Châtenet. Les armes de la famille Dupin sont : d’argent à trois bourdons de gueules en pal

La Chèze.

La Cosse.
Le château de la Cosse est une des plus élégantes habitations du Limousin. Il appartient à la famille Des Cubes du Châtenet dont les armes sont : d’azur à trois cubes d’or 2 et 1.

Ebourlat, alias, le Bourlhac.

Estivaux.
La famille Baillot, dont les armes sont : d’azur à la fasce en devise d’argent accompagnée en chef de trois billots ou bâtons écotés d’or posés 2 et 1, possédait ce lieu au commencement du XVIIIème siècle. Une de ses branches s’est établie au Queyroix, commune de Peyrilhac. Etivaux est aujourd’hui la propriété de M. Chaisemartin, descendant de la famille Baillot.

Glane.

La Grange de Beuil.

Chez Grenier.

Lagoutaud, alias la Goutaud.

Loges.

Le Montaudeix.

Mas de Glane.

Mas Doumier.

<mas martin.

La Pacaille.

Pellechevant.

Peury.

Peyroche.

Le Poirier.

Le Pouyol.

Prinsabaud.

Saint-Quentin.
Carrière de quartz très considérable, d’où l’on extrait surtout des meules à broyer le kaolin.

Teulière.

Les Traux.

La Tuilerie.

Villeneuve.

Source : Monographies des villes et villages de France sous la direction de M.-G. Micberth, Nantiat et ses environs par l’Abbé Lecler, Res Universalis, 1990, réimp. de l’édit. 1871, 1890, 1892, 1894, 176p

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